Restitution des œuvres à l’Afrique: Les artisans jubilent mais…

Dans l’enceinte du jardin 02 octobre, partout des ateliers d’œuvre d’art tenus par des artistes sculpteurs, des  plasticiens. Chacun de son côté s’active soit à finaliser une œuvre soit à ce matin. Ici, la restitution par la France des œuvres africaines revient souvent dans les débats.

Ainsi, Bangaly Traoré un sculpteur rencontré devant son atelier pense que « tous les pays africains sont concernés par cette déclaration ».

« C’est au ministre guinéen de la culture de dire ce que la Guinée doit faire pour accueillir ses œuvres culturelles », souligne t-il.

A quelques encablures, Abdoulaye Kaba, marteau en main donne une forme à un bois. La trentaine d’année embouche la même trompette que son collègue.

« la Guinée est tellement concernée parce que nos cultures, nos mœurs, nos statuts ne sont pas exposés dans nos musées. Faites un tour au musée national pour vous en rendre compte. C’est comme si tu es dans un vestibule vide de son contenu. C’est regrettable », dit-il.

En plus de la restitution, Abdoulaye Kaba pense qu’il faut dédommager les pays africains concernés.

« Chaque visite de ses œuvres en Europe nécessite un ticket d’entrée. Or, il y a plusieurs décennies que la France garde et profite de nos œuvres financièrement et culturellement», lance t-il.

Au musée national, au centre ville de Kaloum, pas l’ombre d’un seul visiteur alors que le soleil est au zénith. Quelques employers paradent  dans la cour et devant les bureaux des responsables.

Selon la directrice générale du musée,Kadé Seck, la Guinée a bel et bien des œuvres exposées dans certains musées français qu’elle a pu voir de ses propres yeux.

« La Guinée a plein d’œuvres dans les musées français.  Il y a plusieurs centaines la-bas », informe t-elle.

A propos de la restitution de ces objets culturels à l’Afrique, K. Seck pense qu’il faudrait régler certains détails d’abord.

« Il faudrait que la France continue de restituer nos objets mais en nous aidant aussi à créer les conditions d’accueil. Elle aurait accompli le vrai devoir de restitution. Il ne s’agit pas d’embarquer les objets et les ramener, il faudrait d’abord créer les conditions », conseille t-elle.

Les regards des guinéens se tournent vers le Ministère des arts et de la culture qui ne s’est pas encore prononcé sur le sujet, quelques semaines après la déclaration de la France annonçant sa volonté de restituer toutes œuvres culturelles dérobées en l’Afrique pendant et après la colonisation.

Moussa Diawara

 

 

 

 

Moussa Diawara
Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport