Mali : Le président malien condamne fermement le trafic d’êtres humains en Libye

Suite à la diffusion d’une vidéo tournée par la chaîne américaine CNN, montrant des personnes vendues aux enchères en Libye, le président malien, a fermement condamné le trafic d’êtres humains.

«Je condamne fermement le trafic d’êtres humains qui sévit en Libye. Je suis outré par cette barbarie qui interpelle la conscience de l’humanité. Je demande aux autorités libyennes de prendre toutes les dispositions pour faire arrêter cette barbarie», a déclaré dimanche le président Ibrahim Boubacar Kéita à la télévision malienne.

Il a également souhaité la mise en place d’une «commission d’enquête tripartite UA-UE-ONU pour établir les faits».

Par ailleurs, le Mali a rappelé, dimanche, son ambassadeur dans ce pays.

«Sur décision du président de la République, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a procédé au rappel de l’ambassadeur du Mali à Tripoli pour consultation», a précisé un communiqué publié dimanche soir par le gouvernement malien.

Ce communiqué a également ajouté que «le Chargé d’affaires de l’ambassade de Libye à Bamako a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale en guise de protestation et pour exiger l’arrêt de cette barbarie».

Dans un autre communiqué, le gouvernement malien s’est dit «profondément préoccupé et indigné par les informations faisant état de traitement inhumain et dégradant réservé aux migrants ressortissants des pays africains en Libye».

Et le Mali a vivement condamné «ces pratiques inhumaines qui rappellent une page sombre et douloureuse de l’histoire de l’Afrique».

Les autorités maliennes ont exhorté le gouvernement de la Libye «au respect de l’intégrité et de la dignité des êtres humains», notamment des migrants, en application des déclarations et conventions internationales en la matière.

Et elles se sont engagées à «prendre toute leur part dans la lutte contre les trafics de tout genre, notamment celui des êtres humains».
Le gouvernement du Mali a également souhaité que la situation des migrants africains en Libye et dans d’autres pays africains fasse l’objet de discussions au niveau de l’Union Africaine (UA).

Mais, face à cette situation, certains analystes pensent que la réaction des chefs d’États africains est timide. Ils proposent que les pays africains prennent des mesures drastiques comme l’expulsion de l’ensemble du corps diplomatique libyen.

Des marches de protestation d’organisations de la société civile sont prévues, lundi, devant la représentation diplomatique libyenne dans plusieurs pays africains, dont le Mali.

Anadolu/Reporterguinee

Moussa Diawara
Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport