Opération de déguerpissement à Conakry: Et si le malheur des uns faisait le bonheur des autres

Depuis de nombreuses années des guinéennes ont pris une certaine liberté de vendre leurs marchandises dans les rues de Conakry, en Guinée. Plusieurs d’entre elles ont perdu la vie et d’autres ont été accidentées par manque de prudence. L’occupation des voiries urbaines par ces marchandes créée des embouteillages monstres un peu partout dans les différents carrefours de la ville. Comme par le passé, cette fois ci encore, le gouvernement a procédé au déguerpissement des abords des routes et des carrefours. L’opération fait des heureux dans les rangs des conducteurs d’automobiles mais rend malheureux ceux et celles qui occupaient les lieux.

Les vendeuses qui occupaient les rues se plaignent du manque de clientèle et de la baisse de leurs revenus depuis leur déguerpissement. Plusieurs d’entre elles se tournent le pouce en ce moment.

« Le déguerpissement nous a fait du mal, par ce que c’est ici qu’on cherche nos dépenses, le prix de la scolarité de nos enfants et le règlement de nos factures d’eau et d’électricité », déclare Salima Camara, jeune marchande au Marché Matoto.

Cette autre vendeuse, Nana Sylla que nous avons rencontré au marché Enta nous parle du manque de clientèle à l’intérieur du marché.

« Quand nous prenons des places à l’intérieur du marché, nous ne gagnons pas de clientes. Donc, nous restons dehors afin de gagner notre dépense », renseigne t-elle.

Si ces femmes disent souffrir depuis quelles ont été contraintes de quitter les voies publiques, les chauffeurs quant à eux sont soulagés.

Mamadouba Diallo, chauffeur de taxi de nous confier: « depuis le déguerpissement de ses vendeuses nous constatons que les embouteillages ont diminué et la circulation de plus en plus fluide. C’est un soulagement pour nous les chauffeurs ».

Un peu plus loin, Mohamed Diakité conducteur d’un véhicule personnel, enfonce le clou: « Cette opération nous a vraiment plu. On craignait tous les jours les accidents. Nous circulons aujourd’hui sans problème. On pouvait faire plus de 2 heures dans embouteillages avant d’arrivé au boulot”.

Fatoumata Takoba Condé

 

Moussa Diawara
Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport