Qui a tué Kadhafi ? La vérité qui change tout

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Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi est tué en Libye. Mais par qui et dans quelles circonstances ? Dans le premier épisode du podcast « Paris Match Stories », le journaliste Alfred de Montesquiou revient sur son incroyable enquête sur les dernières heures du dictateur. Et sur ce jeune Libyen qui a fait basculer l’Histoire de son pays.

Comment Mouammar Kadhafi, ce dictateur qui a régné pendant plus de 40 ans sur la Libye, a-t-il trouvé la mort le 20 octobre 2011, plusieurs mois après la chute de Tripoli ? En 2011, le Conseil national de transition libyen affirmait qu’il avait été mortellement blessé lors d’échanges de tirs. Mais plusieurs autres théories ont été évoquées au fil des années, notamment l’intervention de puissances étrangères. Alfred de Montesquiou, reporter à « Paris Match », est certain de connaître le scénario des dernières heures de Kadhafi. Dans le premier épisode du podcast « Paris Match Stories », produit par Europe 1 Studio, il revient en détails sur son enquête menée à l’époque en Libye, avec des témoins de tout premier plan, et un suspect qu’on aperçoit sur une photo, à côté du cadavre de Kadhafi.  

En 2011, le Printemps arabe gagne la Libye. Le peuple se révolte, le dictateur doit fuir. A quel moment son destin bascule-t-il vraiment ?

Alfred de Montesquiou : « Au cours du mois d’octobre, la ville de Syrte où il a trouvé refuge commence à tomber aux mains des rebelles. Dans la nuit du 19 au 20 octobre, Moatassem, le fils le plus radical de Mouammar Kadhafi, estime que lui et sa garde prétorienne, une armée de fous furieux drogués jusqu’à la moelle, ne vont plus pouvoir résister. La zone dans laquelle son père et lui se trouvent est très restreinte et le risque de se faire pulvériser par un missile est grand. Moatassem suggère à son père une percée afin d’atteindre le désert. Au petit matin du jeudi 20, ils partent discrètement à bord de 40 pick-ups et sortent de Syrte. Mais un drone les repère, tire un missile et réveille les rebelles. Un combat d’une férocité inouïe s’engage ».

Que font alors Mouammar Kadhafi et son fils Moatassem ?

A de M : « Dans la confusion, Moatassem lâche son père. Abou Bakr, le chef des gardes du corps de Kadhafi, Mansour Daw, le chef de sa sécurité, et quelques gardes du corps qui ont juré de mourir pour le Raïs, décident qu’il faut fuir le combat en compagnie de Kadhafi. Mais le groupe est pris au piège. Après avoir parcouru 140 mètres, ils aperçoivent d’autres rebelles postés sur une route surélevée et tentent de se cacher dans deux tuyaux d’irrigation qui passent sous cette route. Abou Bakr s’enfonce dans l’un. Kadhafi dans l’autre.

C’est la fin de la cavale du dictateur. Les jeunes rebelles de l’unité l’arrêtent. Et après avoir extirpé Kadhafi d’une foule de trentaine de personnes déterminées à le lyncher, ils installent le prisonnier dans une petite ambulance et prennent la route. Ils veulent le ramener à Misrata, leur fief.  Avoir capturé le « Guide », c’est s’assurer d’un immense prestige.Au moment de monter dans l’ambulance, Kadhafi est donc toujours vivant ?   « Oui. Quand il monte dans l’ambulance, Kadhafi est blessé, il a des bleus, des coupures, la tempe qui saigne mais il est en vie. C’est à bord qu’il sera exécuté, à une centaine de kilomètres de Misrata. Plusieurs éléments me confirment ce scénario mais il y a surtout les photos prises par une photographe freelance américaine qui corroborent cette thèse. Sur une image en particulier, on constate que Mouammar Kadhafi porte un gros pansement sur le torse. En revoyant le cadavre le lendemain, je m’apercevrais que ce pansement correspond exactement à deux impacts de balles d’assez gros calibre, tirés de près. Et que c’est la blessure mortelle.

Mais c’est surtout un autre élément qui m’a interpellé sur cette même photo. On voit un jeune rebelle : Sana al-Sadek. Il a le visage décomposé de peur. Il est rouge vif. On sent la terreur dans son regard alors qu’autour de lui tout le monde est content. Ma conviction est que ce jeune homme de 19 ans présent dans l’ambulance, furieux à l’idée que le Raïs puisse survivre, lui a tiré dessus à bout pourtant, deux balles dans le plexus solaire.

D’ailleurs, ce Sana al-Sadek sort une vidéo le lendemain sur YouTube. Il dit face caméra : ‘c’est moi, j’ai tué Kadhafi !’. Pour preuve de son acte, il exhibe une énorme bague en or : le sceau de commandement de Kadhafi. Une bague qui n’a pu être enlevée que sur un homme mort dont le cadavre est encore chaud. Cela confirme que Kadhafi a été tué alors qu’il était dans l’ambulance par ce jeune rebelle Sana al-Sadek. »

Pourquoi est-il si important de connaître la vérité sur la mort de Kadhafi ?

« Immédiatement après l’annonce de la mort de Kadhafi, des théories farfelues ont émergé. Certains sites complotistes ont affirmé que le Raïs avait été assassiné par les Qataris, d’autres par les Saoudiens, par des factions kadhafistes et même par les services secrets français. Connaître le scénario des dernières heures de Kadhafi permet donc de balayer l’idée d’une exécution extrajudiciaire sur l’ordre d’une démocratie et notamment de la France. C’est important de le savoir pour la stabilité de cette région mais aussi vis-à-vis d’une certaine notion du droit d’ingérence. »

Source: europe1

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Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport

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