Niger : L’opposition manifeste contre la loi des finances

 

Entre 10 et 15 mille personnes sont descendues, dimanche dans les rues de Niamey, capitale du Niger, pour protester contre la loi de Finances 2018, en réponse à l’appel des partis politiques de l’opposition, a appris Anadolu auprès des organisateurs.

L’opposition ayant appelé à cette manifestation se compose d’une vingtaine de partis politiques regroupés dans deux fronts : le Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR) et le Front des partis politiques non-affiliés à l’alternance démocratique au Niger (FPNAD).

C’est dans le calme, mais tout en scandant des slogans hostiles au pouvoir en place, que les militants appartenant à ces deux fronts ont marché de la Place Toumo à la Place de la concertation, a rapporté le correspondant d’Anadolu.

«Non à la caporalisation des derniers publics», «Non à l’installation des militaires étrangères au Niger», «Non au gouvernement budgétivore», sont entre autres, les slogans scandés tout au long du parcours.

C’est la deuxième fois, cette année (après celle du 4 mars 2017), que l’opposition politique descend dans les rues de Niamey pour dénoncer la mauvaise gestion, l’installation des bases militaires étrangères et, cette fois-ci, la loi des finances 2018 et la nouvelle loi électorale.

«Cette gigantesque mobilisation traduit le ras-le-bol des Nigériens qui, depuis 7 ans subissent au quotidien, la gestion désastreuse, d’une mafia qui s’impose par la force et la terreur à la tête de l’Etat.», a déclaré à Anadolu, Soumana Sanda, du Mouvement démocratique pour une fédération africaine, également président du FRDDR Niamey.

C’est pourquoi le député a interpellé les leaders de l’opposition en indiquant que les militants «sont désespérés et ils ont le regard tourné vers vous, aujourd’hui, pour sauver en urgence ce qui reste du Niger».

Dans un mémorandum lu par Hamabally Dodo, président du FPNAD, la loi de finances 2018 «accentuera la pression fiscale sur les couches vulnérables, tout en concédant des cadeaux fiscaux colossaux à des entreprises à forte rentabilité capitaliste».

Jusqu’à 13h30, aucune réaction des autorités n’a été faite à cette manifestation l’opposition.

La manifestation de dimanche intervient quelques jours après deux autres manifestations, les 21 et 23 décembre, organisées par un collectif de la société civile nigérienne, contre la nouvelle loi de finances et que le pouvoir avait interdites.

Ce collectif se compose du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR), de l’association Alternative espaces citoyens (AEC) et du Comité de réflexion et d’orientation indépendant pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Croisade).

Après cette interdiction, la société civile a appelé à une journée «ville morte». Mais cet appel a été peu suivi à Niamey, où les administrations publiques, les banques et les transports publics ont fonctionné normalement.

Toutefois, beaucoup de commerçants n’ont pas ouvert leurs boutiques dans les principaux marchés de Niamey.

Selon la société civile, la loi de finances 2018, votée à une large majorité par l’Assemblée nationale le 26 octobre dernier, comporte plusieurs mesures «antisociales» dont, entre autres, celle relative à l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur certains produits de grande consommation.

Anadolu/Reporterguinee

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