Ibn Chambass en Guinée: La médiation de la honte!(Par Moussa Diawara)

L’émissaire de l’ONU Ibn Chambass dépêché en Guinée pour trouver une solution à la crise socio-politique. Le pays vient ainsi de renouer avec l’une de ses plus vieilles et mauvaises habitudes. Celles des médiations internationales. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arrivée de Ibn en tant que facilitateur de la crise est une honte infligée aux guinéens. Jusqu’ici l’on savait que les protagonistes ne se comprenaient sur certains sujets concernant la vie de la nation mais l’on était loin d’imaginer que la crise de confiance entre eux avait atteint ce niveau actuel. Pourtant, l’émissaire de l’ONU annoncé à son de trompette n’apportera rien d’extraordinaire même pas la solution miracle. C’est toujours la même méthode de travail : d’abord, la consultation des parties loin des projecteurs. Ensuite, une déclaration appelant au dialogue. Le respect de la souveraineté des états demeure sacré pour l’ONU. Ce n’est pas par une baguette magique qu’elle résoudra les problèmes des pays. La Guinée ne sera pas l’exception. Il est donc temps que nous grandissons dans nos têtes. Loin de jeter l’anathème et le discrédit sur ce médiateur qui a fait ses preuves dans les crises précédentes, nous pensons que si les guinéens s’écoutaient, on aurait pu économiser de l’énergie aux nations unies appelées à résoudre des crises plus graves à travers le monde. Que sert le poste de médiateur de la république ?  aujourd’hui, cette institution est l’ombre d’elle-même. Plusieurs milliards de francs guinéens y sont engloutis chaque année pour un résultat inexistant. Elle devra disparaitre pour que son budget soit orienté vers des secteurs plus importants pour le bonheur des populations. Même si cette institution continue de briller par son absence pendant les crises mais l’on peut néanmoins faire confiance à nos anciens diplomates, nos religieux et nos coordinations régionales. C’est peu dire que la Guinée regorge suffisamment de ressources humaines nécessaires capables de transcender n’importe quelle crise locale. Solliciter une médiation internationale dans notre pays ne nous honore point. Après 62 ans d’indépendance, le pays de Sékou Touré est assez mature pour résoudre ses propres crises. Ouvrons nos cœurs seulement nous y arriverons!

Moussa Diawara

Moussa Diawara
Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport